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À propos de l'exposition

Il y a dix ans, la Syrie entrevoyait la possibilité d’un changement sans précédent. L’effet domino qui avait entraîné la chute de plusieurs dictateurs au Moyen-Orient semblait inarrêtable. Et pourtant, le pays a sombré dans un impensable chaos et c’est bien en Syrie que le printemps arabe est venu mourir. S’en est suivie la « guerre du siècle », un conflit qui a poussé à l’exode la moitié de la population du pays – le plus important déplacement de population du genre depuis la Seconde Guerre mondiale.
Les niveaux de violence qui ont fait près d’un demi-million de morts au cours de cette décennie ont choqué la terre entière, et s’il est une chose que les forces du régime et les djihadistes avaient en commun, c’était leur hostilité à toute forme de journalisme indépendant, rendant ce conflit extrêmement compliqué à couvrir.
Pendant toutes les phases de ce conflit – des débuts de la rébellion contre Bachar el-Assad à la montée en puissance de l’organisation État islamique, jusqu’à l’internationalisation du conflit et enfin la sanglante reconquête du régime –, la détermination de l’Agence France-Presse à témoigner au plus près des événements n’a jamais faibli. La bataille de Kobané, le siège d’Alep, la chute du « califat » : autant d’épisodes qui auront marqué l’histoire et que les photographes de l’AFP ont couverts du début à la fin.
Parmi les 32 photographes dont le travail est exposé ici figurent certaines « grandes pointures » de l’agence, ainsi que des indépendants de talent originaires d’une douzaine de pays et qui ont été inclus dans le dispositif à un moment donné du conflit.
Certaines des images les plus saisissantes sont celles prises par de jeunes Syriens qui n’avaient pour la plupart jamais touché au journalisme avant le déclenchement de la guerre, et se sont emparés d’un appareil photo comme on s’accroche à une bouée en criant à l’aide.
Dans de nombreuses photos, on devine la sidération dans le regard de celui qui a cadré l’image. Des enfants blessés regardent le photographe droit dans l’objectif, sans doute parce que c’est un voisin, peut-être même un parent. Les monceaux de gravats visibles sur beaucoup de photos ne sont pas les ruines d’une habitation anonyme mais souvent les domiciles atomisés d’amis ou de membres de la famille du photographe.
Ce qui rend ces photos différentes ne s’explique pas seulement par le fait qu’elles sont le fruit d’une « solution locale » à un problème d’accès aux zones de combats. Ces photos sont le travail d’une nouvelle génération de jeunes Syriens qui sont devenus des photojournalistes dévoués à leur métier, qui en ont inspiré d’autres dans la région et qui ont eu un impact en racontant ce que les belligérants ne voulaient pas qu’on voie.
Certains des photographes syriens dont le travail est exposé ici continuent de contribuer à l’AFP en France et de documenter une autre facette de ce conflit : le deuil, le traumatisme, l’exil et, parfois, la renaissance et l’espoir qui ont succédé aux instantanés de guerre figés par les photos que vous allez voir.

Jean-Marc Mojon

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À propos du photographe

AFP

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Au programme : expositions, soirées de projection, tables rondes, ateliers, lectures de portfolios, semaines scolaires, rencontres avec les photographes, prix et bourses.

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