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À propos de l'exposition

Si la crise du Covid-19 a été « une tragédie humaine qui porte à l’économie […] un coup d’une gravité sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale » (rapport de la Banque mondiale), elle n’a pas atteint aussi durement tous les pays et les individus. Ceux qui cumulaient déjà les vulnérabilités, ceux dont « un petit coup renverse aussitôt la personne » ont été pris dans la tourmente.

Les réfugiés et déplacés des pays en développement, déjà contraints au déracinement par la misère ou la violence, comptent parmi les personnes les plus vulnérables au monde. Le moindre choc supplémentaire menace de les faire basculer de la précarité à la survie. La pandémie a fermé les frontières, coupant les liens qui les reliaient à leur pays d’origine. Elle les a privés d’une économie informelle vitale à leur subsistance, a aggravé la fragilité de leurs conditions sanitaires et a compliqué leur accès aux ressources de base.

Entre novembre 2020 et février 2021, cinq photographes de l’agence MYOP se sont rendus dans cinq pays où l’Union européenne est intervenue dans le cadre du projet #SaferTogether. Ils y ont documenté la vie de ces personnes déplacées pour lesquelles la pandémie, s’ajoutant à l’exil, constitue une double peine.

Cette double peine s’alourdit encore lorsque les personnes cumulent les facteurs de vulnérabilité, comme c’est le cas pour les femmes et les mineurs. En Équateur, pays qui attire de très nombreux réfugiés d’Amérique latine, Agnès Dherbeys a rencontré des femmes isolées qui y ont trouvé refuge, alors que la pandémie limitait la capacité du pays à accueillir de nouveaux arrivants et accentuait la xénophobie à l’égard des réfugiés.

De nombreuses femmes luttent aussi pour élever leur famille dans le camp de Kyaka II en Ouganda, dont la population a quadruplé en quatre ans pour atteindre 125 000 individus, qui ont souvent fui les violences des groupes rebelles en RDC ainsi que l’épidémie d’Ebola. C’est là que Stéphane Lagoutte a notamment rencontré Mwamini, 16 ans, qui élève seule son frère et ses sœurs depuis que leur mère les a abandonnés.

La pandémie n’a pas seulement accentué les pressions subies par les pays d’accueil, elle a également limité les moyens des organisations internationales pour acheminer une aide vitale. Olivier Laban-Mattei s’est rendu dans le camp de Kutupalong, près de Cox’s Bazar au Bangladesh, où 860 000 Rohingyas forcés de fuir la Birmanie s’entassent désormais. Leurs conditions d’existence, déjà très précaires, ont encore été fragilisées par le Covid-19.

C’est le cas aussi au Liban, qui accueille en proportion le plus de réfugiés au monde. L’explosion du port de Beyrouth et la pandémie ont apporté le chaos dans un pays déjà au bord de l’implosion. La quasi-totalité (9 sur 10) des réfugiés syriens, dont ceux que Pascal Maitre a rencontrés dans la vallée de la Bekaa et dans le vieux Beyrouth, vivent aujourd’hui sous le seuil d’extrême pauvreté.

En Haïti, le Covid-19 a entraîné la fermeture brutale et complète des frontières, contraignant le pays le plus pauvre des Amériques à l’isolement. Certains Haïtiens se sont retrouvés piégés en République dominicaine, d’autres ont été expulsés des pays voisins où ils espéraient une vie meilleure, la plupart ont perdu leur emploi. Guillaume Binet témoigne du sort de ces « retournés », exilés dans leur propre pays.

Ces cinq témoignages nous rappellent que les répercussions économiques, sociales et humanitaires de la crise du Covid-19 touchent avant tout les plus démunis.

Les photographes de l’agence MYOP

Le projet a été produit par l’agence MYOP avec le soutien de la Commission européenne dans le cadre de la campagne #SaferTogether. Les photographes du projet : Guillaume Binet, Agnès Dherbeys, Olivier Laban-Mattei, Stéphane Lagoutte et Pascal Maitre.

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À propos du photographe

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Au programme : expositions, soirées de projection, tables rondes, ateliers, lectures de portfolios, semaines scolaires, rencontres avec les photographes, prix et bourses.

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