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À propos de l'exposition

Les Fourmis rouges sont les employés d’une société de sécurité privée spécialisée dans l’expulsion, connus pour leur violence. Armés de boucliers et de pieds-de-biche, ces miliciens de facto sont facilement reconnaissables à leurs combinaisons et casques rouges. Jusqu’à 600 d’entre eux peuvent être déployés pour une seule opération, de type militaire. Ils sont mandatés par des propriétaires de terrains privés ou des collectivités locales pour exécuter des ordres d’expulsion obtenus en toute légalité. Ils collaborent généralement avec le shérif et les forces de l’ordre, qui les accompagnent lors des opérations de grande ampleur.

Ils sont chargés d’expulser les personnes vivant dans des bâtiments désaffectés et dangereux du centre-ville de Johannesburg. Si ces immeubles sont occupés illégalement par des délinquants et des toxicomanes, ils abritent également des familles désespérées qui n’ont nulle part où aller. On fait aussi appel aux Fourmis rouges pour expulser les « envahisseurs » de terrains privés et empêcher l’installation de camps de fortune. Ces interventions peuvent être d’une grande violence.

Ils sont souvent accusés de vol, d’agressions sexuelles et de meurtres. Leurs méthodes extrêmement brutales provoquent des affrontements qui font des blessés et des morts des deux côtés. La plupart de ces hommes font pourtant partie des populations les plus démunies de la société, venant des mêmes communautés auxquelles ils infligent tant de souffrances.

Sujet très sensible en Afrique du Sud, la question de la terre est exploitée par tous les partis politiques à des fins électorales. Les grandes exploitations agricoles appartiennent majoritairement à des familles d’Afrikaners blancs, descendants des colons européens, et ont été transmises de génération en génération. Les élus de droite considèrent que ces fermiers sont les propriétaires légitimes de ces terres, et dénoncent une stratégie coordonnée visant à les expulser en ayant recours à la violence, parfois même aux meurtres. La majorité de la population noire du pays vit quant à elle dans la pauvreté et accède peu ou pas du tout à la propriété. Les élus de gauche soutiennent que les Blancs vivent sur des terres volées aux Noirs et promettent de les leur restituer. Certains vont même jusqu’à encourager l’invasion de ces terres.

À Johannesburg, beaucoup de tensions naissent du conflit entre la nécessité de rénover le centre-ville et la réalité qui consiste à expulser les résidents les plus démunis et les reloger dans des cités construites n’importe comment dans des zones excentrées.

La « morale » et le « droit » s’opposent lorsque des personnes pauvres sont expulsées légalement mais n’ont nulle part où aller. Cette réalité va à l’encontre de la Constitution sud-africaine, pourtant l’une des plus progressistes au monde.

James Oatway

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James Oatway

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